Oberhaslach, un village au fil de la Hasel

Un nom qui sent la noisette

Tout vient d’un ruisseau. La Hasel, mentionnée dès 817, bordait jadis des rives plantées de noisetiers : le village lui doit son nom, et son emblème, une branche de noisetier accompagnée d’une houlette de berger, attesté depuis 1576. Le nom latin d’Oberhaslach apparaît dès 1216.

Aux carrefours de l’histoire

Bien avant nos maisons vosgiennes, des Romains avaient installé ici un poste, au croisement de trois routes, probablement là où se dresse aujourd’hui la fontaine. Deux pierres tombales du IIe siècle, découvertes en 1937 et 1973, en témoignent. L’une d’elles est encore visible au 2, rue de la Paix.

Celtes, Gallo-Romains, Alamans, Francs : le site a vu passer bien des peuples. Les épreuves, elles, n’ont pas manqué : détruit à plusieurs reprises par les Armagnacs puis par les Suédois, le village ne comptait plus qu’une vingtaine d’habitants en 1660, réfugiés en forêt. Il a été repeuplé par des familles venues de Germanie et de Suisse.

Deux villages voisins, Mosbach et Schotten, n’ont pas survécu à cette époque. À Mosbach, une verrerie aurait produit, dit-on, les célèbres vitraux de la collégiale de Niederhaslach, parmi les plus beaux d’Alsace.

Entre montagne et forêt

À 270 m d’altitude, au pied de sommets qui culminent à 1 000 m, Oberhaslach se trouve à 35 km de Strasbourg, entre Mutzig et Schirmeck. Sur ses 2 526 ha, près de 2 000 sont couverts de forêt : la vente du bois reste la première ressource de la commune.

Presque toutes les maisons sont de style vosgien. L’église date de 1780, et la chapelle Saint-Florent attire toujours les pèlerins : le saint y est invoqué pour ses dons de guérisseur et comme protecteur des animaux.

Les métiers d’autrefois

La Hasel faisait tourner moulins à huile et scieries. Les anciens registres racontent un village d’artisans : sabotiers, cloutiers, armuriers, charbonniers, forgerons, charrons, gardiens de troupeaux et nombreux tailleurs de pierre.

La scierie Siat. Fondée en 1824 par Joseph Siat avec autorisation royale, à côté de son moulin, elle fonctionna jusqu’au grand incendie de 1934 et ne fut jamais reconstruite. Ses salariés rejoignirent la scierie familiale d’Urmatt. La famille a donné deux maires au village : Joseph Siat (1831-1855) et un homonyme (1917-1919).

Les anabaptistes du Gensbourg

Chassés de Suisse, des mennonites se sont installés au hameau du Gensbourg vers 1750 et y ont vécu jusqu’en 1900. Excellents agriculteurs, ils ont aussi construit une scierie sur la Hasel.

Leur patriarche, Christian Gerber (né en 1766), négocia même avec Napoléon l’exemption du service militaire, contraire à leur foi. Leur mode de vie était singulier : des vêtements sans boutons mais avec des agrafes en laiton, par modestie ; des hommes barbus et des femmes coiffées d’un bonnet ; un culte en allemand ou en bernois ; et, fait rare pour l’époque, une égalité entre hommes et femmes, qui votaient pour choisir les Anciens.

Oberhaslach aujourd’hui

De 590 habitants en 1791 à environ 1 800 aujourd’hui, la population a triplé. Les Oberhaslachois parlent toujours le dialecte alsacien.

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